Les menus des patients hospitalisés contiennent une quantité excessive de sodium, selon une étude

hospital foodUne étude réalisée dans trois hôpitaux de soins actifs en Ontario a découvert que tous les menus servis aux patients contenaient plus que l’apport quotidien recommandé de sodium. L’étude a été publiée en ligne par la revue Archives of Internal Medicine.

« Nos constatations mettent le doigt sur le besoin d’un meilleur approvisionnement et d’une meilleure planification afin de baisser la teneur en sodium des menus servis aux patients », dit JoAnne Arcand, PhD, de l’Université de Toronto, chercheure principale. Les hôpitaux misent de plus en plus sur les aliments préparés et transformés plutôt que de cuisiner les repas à servir aux patients.

Alors que l’on s’était penché régulièrement ces dernières années sur la piètre qualité des mets servis dans les aires de restauration et les cafétérias des hôpitaux, peu de recherches avaient ciblé la teneur en sodium des repas servis aux patients. Un apport élevé de sodium contribue à l’hypertension artérielle, le plus important facteur de risque d’un accident vasculaire cérébral.

Les chercheurs de l’Université de Toronto ont examiné trois types de menus – les menus standard, ceux pour diabétiques et ceux pauvres en sodium – de novembre 2010 à août 2011. La teneur en sodium des menus a été comparée à l’apport adéquat qui est de 1 500 milligrammes par jour et à l’apport maximal tolérable de 2 300 milligrammes par jour. La plupart des menus examinés provenaient des services de médecine générale, de chirurgie et de cardiologie.

Il a été constaté que la teneur moyenne en sodium des menus quotidiens standard (le patient n’ayant exprimé aucun choix alimentaire) était de 2 896 milligrammes, soit près du double de l’apport quotidien recommandé et presque 600 milligrammes de plus que l’apport maximal tolérable.

« Parmi ces menus, 100 % et 86 % dépassaient respectivement l’apport adéquat et l’apport maximal toléré », note le rapport. Quant aux menus choisis par les patients, ces pourcentages étaient respectivement de 97 % et 79 %.

Les menus pour diabétiques avaient une teneur moyenne en sodium de 3 406 milligrammes. La régularisation de la tension artérielle est particulièrement importante pour les personnes souffrant de diabète, puisque la maladie contribue également à augmenter le risque d’AVC.

« Exposer les patients à ces taux élevés de sodium, c’est saper leur santé », dit le Dr Andrew Pipe, chef de la prévention et de la réadaptation à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa. « Il incombe aux hôpitaux de corriger cette anomalie. »

« L’industrie alimentaire et les personnes chargées de planifier les repas et de commander les produits alimentaires pour les patients hospitalisés devraient être sensibilisées aux risques que comporte une forte teneur en sodium pour les patients. Les gouvernements devraient veiller à ce que les repas servis dans les hôpitaux à cette clientèle captive respectent les normes nutritionnelles », opine Mary L’Abbé, PhD, membre de l’équipe de recherche à l’Université de Toronto, ex-présidente du défunt Groupe de travail sur le sodium de Santé Canada, un groupe d’experts qui a présenté un ensemble de recommandations ciblant la réduction du sodium dans l’approvisionnement alimentaire au Canada.